J’ai rêvé d’être influenceuse

Oui un jour j’ai rêvé d’être influenceuse !
Alors j’ai « joué » à l’influenceuse. Ça n’a pas suffit !
Alors je me suis fait violence en faisant taire ma vraie nature. Ça n’a pas suffit.
Alors j’ai flirté avec les limites que je m’étais fixée. Ça n’a pas suffit non plus !
Heureusement, avant que je franchisse l’une d’elles, j’ai réalisé.
Ce jour là j’ai arrêté de rêver !

Retour sur le pourquoi j’ai disparu, quasiment du jour au lendemain, des réseaux sociaux.

Passer à côté des meilleurs moments

Je crois que tout est parti d’une réflexion de mon petit mari qui m’a fait remarquer, à notre retour de Guadeloupe, que j’avais passé plus de temps à tenter de « capturer l’instant parfait » plutôt que de profiter desdits instants. Evidemment, sur le coup ça m’a gonflé, surtout venant de quelqu’un qui ne se sépare jamais au grand jamais de son téléphone, mais au fond je savais qu’il avait raison !

Pour une fois que mon quotidien ressemblait à celui de ces influenceurs qui passent leur vie à courir aux quatre coins du monde, c’était l’occasion ou jamais de « tester mon potentiel d’influenceuse ». J’ai donc passé mes vacances derrière l’objectif de mon téléphone, à attendre le bon moment, à chercher le bon angle, la bonne lumière, la bonne posture, …
Tout ça pour quoi ? Pour cumuler toujours plus de likes, évidemment !

Ce n’est qu’à notre retour que j’ai pris conscience que j’étais littéralement passée à coté de nos vacances. Oui parce que lorsque ce que je ne tentais pas de « capturer l’instant parfait », je mûrissais les légendes de mes photos des heures durant.
Tout ça pour quoi ? Etre « likée » par toujours plus d’inconnus qui n’ont aucune idée de qui je suis réellement !

Evidemment, ça a marché. Je n’ai jamais été aussi « suivie » que pendant ces 15 jours. Sans grande surprise, les publications qui ont le plus marché sont celles où j’expose mes enfants et… mon corps (voyeurisme quand tu nous tiens) !
Tout ça pour quoi ? Me rendre compte que 100 likes ne sont rien à coté d’un sourire de ma fille ou d’un bisous de mon fils !

Contrairement à ce que pensent la plupart des jeunes gens qui rêvent de devenir influenceurs : non être « liké » ne donne pas l’impression d’être aimé, votre contenu l’est, pas vous !

Ce fût mon premier constat et c’est de ce dernier qu’est partie ma réflexion.

L'univers des influenceurs
Un jour j’ai rêvé d’être influenceuse !

Pas la vraie vie

Peu à peu, j’ai donc réalisé que ce qui me rendait vraiment heureuse était juste là, bien réel, juste de l’autre côté de mon écran et naturellement j’ai commencé à espacer mes publications. À ce moment là je ne le savais pas encore mais je n’étais qu’au début de mon cheminement.

C’est alors que j’ai redécouvert « la vraie vie ». Celle composée de « vraies bonheurs » partagés avec les « vraies personnes ».

Le partage sur les réseaux sociaux n’est pas réel, il n’est même plus virtuel, il est fictif !

Lorsque qu’une influenceuse poste une photo d’elle sans maquillage, croyez-vous vraiment que ladite photo n’est passée dans aucun logiciel de retouche au préalable ?
Lorsqu’un influenceur poste la photo d’un paysage de carte postale, croyez-vous vraiment qu’aucun filtre n’a été superposé à ladite photo ?
Lorsqu’une influenceuse partage sa routine beauté, croyez-vous vraiment qu’elle n’est pas payée pour vanter les mérites de tel ou tel produit ?
Lorsqu’un influenceur partage une scène de sa vie quotidienne, croyez-vous vraiment qu’il n’est pas payé pour mettre en scène un objet en particulier ?

Être influenceur consiste à jouer un rôle pour vendre à une cible :
– Un influenceur doit être une personne lambda, partie de rien, histoire que la cible puisse s’identifier facilement à lui;
– Il doit être beau pour pouvoir susciter l’envie de la cible « d’être comme lui »;
– Et enfin il doit avoir « réussi » : avoir une vie de rêve et être heureux (ou au moins faire semblant de l’être) pour que la cible ait envie de « faire comme lui » !

La beauté, la réussite, le bonheur, … tout cela est très subjectif me direz-vous. C’est pour cette raison que l’on retrouve des « typologies d’influenceurs » qui s’adressent à des « typologies de cibles » très précises qui ont, chacune, une définition de la beauté, de la réussite, du bonheur… qui leur est propre.

Contrairement à ce que pensent la plupart des jeunes gens qui rêvent de devenir influenceurs : non les réseaux sociaux ne reflètent pas la vraie vie, c’est du business !

Et puis qui suis-je moi ?

Pas moi

Comme son nom l’indique, un influenceur a pour rôle d’influencer les gens. Qui suis-je moi pour prétendre pouvoir influencer les gens ?

Certes je suis partie de rien, je suis plutôt conforme aux canons de beauté de ma génération et j’ai une vie confortable mais je ne suis personne pour influencer les gens. Ce n’est pas moi et je n’en ai pas envie.

Il m’aura fallut 30 ans pour le savoir mais aujourd’hui je sais ce que je suis et ce que je ne suis pas et je ne suis pas égocentrique !

Je suis quelqu’un de simple qui se satisfait de pas grand chose et qui trouve son épanouissement dans le bonheur des gens qui l’entourent. Je suis tout bonnement incapable de mentir ou ne serait-ce que de faire semblant, j’ai des valeurs et rien ni personne ne peut m’en écarter, pas même mes rêves.

Je n’ai pas envie que l’on me reconnaisse dans la rue, pas envie d’être un exemple, encore moins un modèle, pas envie que des milliers de personnes soient pendues à mes lèvres, pas envie de faire semblant, pas envie de jouer un rôle, pas envie de mentir pour de l’argent, pas envie de montrer mon cul pour vendre… Aujourd’hui c’est pourtant ce que l’on demande à une influenceuse, voilà pourquoi je ne veux plus être influenceuse.

Contrairement à ce que pensent la plupart des jeunes gens qui rêvent de devenir influenceurs : non il ne faut pas rester soi-même pour réussir, au contraire, il faut accepter de se faire passer pour quelqu’un d’autre !

Pour ma part, non seulement j’en suis incapable mais je m’y refuse et pas seulement pour mon propre bonheur, pour celui des générations à venir également.

Devenir influenceuse
Alors j’ai « joué » à l’influenceuse.

Quel avenir pour les nouvelles générations ?

Quelle référence du bonheur donnons-nous à nos enfants par l’intermédiaire des influenceurs ? J’ai l’impression d’être la seule mère au monde à me poser cette question.

Pour ma part, je n’ai pas envie que ma fille puisse associer le bonheur à la vie (présumée) des influenceuses qu’elle admirera sans doute dans quelques années. Je refuse qu’elle pense un jour qu’elle ne peut être heureuse qu’en ayant un corps de rêve, en voyageant sans arrêt aux quatre coins du monde, en se payant absolument tout ce qu’elle veut, … Je refuse de lui inculquer, directement ou indirectement, ce genre de valeurs parce que je veux qu’elle soit heureuse et qu’à mon sens, elle ne le sera jamais si elle tend vers cette vie.

Voilà une autre raison qui m’a poussé à en finir avec les réseaux sociaux : je ne veux pas participer à cette vaste fumisterie qu’est l’univers des influenceurs. Je ne pourrai pas empêcher mes enfants d’admirer tel ou tel influenceur mais je n’hésiterai pas à briser leurs illusions en leur dévoilant « l’envers du décor » et je crois que même si cela peut paraître « cruel », en tant que parent, si nous voulons vraiment leur permettre de devenir des adultes épanouis, nous avons le devoir de ne pas les laisser grandir avec ce genre d’illusions.

Contrairement à ce que pensent la plupart des jeunes gens qui rêvent de devenir influenceurs : non le métier d’influenceur ne rend pas heureux, il implique simplement de faire semblant de l’être !

Et maintenant ?

C’est pour toutes ces raisons que j’ai totalement arrêté les stories et que mes publications se font de plus en plus rares. Les instants de bonheur, en particulier lorsqu’ils sont partagés avec des enfants, sont aussi furtifs qu’uniques et je compte bien apprécier chacun d’eux comme si c’était le dernier plutôt que de tenter de les immortaliser pour les partager avec des inconnus auxquels je n’ai rien à prouver.

C’est auprès de mes enfants et de mon mari que je dois faire mes preuves, jour après jour parce qu’eux, ont besoin de moi ! C’est le texte d’une jeune maman qui m’a permis d’en prendre conscience et je conseille d’ailleurs à toutes les jeunes mamans qui ont du mal à relativiser les difficultés qu’implique le fait de devenir mère de le lire (vous pouvez le retrouver ici).
« ils ont besoin de MOI.  Personne d’autre que moi. Personne d’autre, dans le monde entier. Ils ont besoin de leur Maman. »
Ce texte a tout simplement bouleversé ma façon de considérer mon rôle de mère. Après la lecture de ce texte je n’ai plus été la même mère et toute la famille s’en porte mieux, moi la première.
« Quand j’ai commencé à accepter le fait qu’être une Maman signifie que je dois être disponible à tout moment, j’ai commencé à retrouver une certaine paix intérieure »

Voilà pourquoi j’en ai terminé avec les réseaux sociaux.
Je ne supprimerai pas mon blog, je continuerai d’écrire, je l’ai toujours fait et je le ferai jusqu’à ce que je ne puisse plus le faire parce que c’est pour moi un besoin et parce que je sais que mes écrits n’aident souvent pas que moi à y voir plus clair.
Je ne supprimerai pas non plus mes comptes sociaux, ce serait renier le chemin parcouru or c’est ce chemin qui m’a conduite ici aujourd’hui et j’en suis fière.

Devenir influenceur : à quel prix ?
Ce jour là j’ai arrêté de rêver.

Hier j’ai fêté mes 30 ans et à cette occasion, mon petit mari m’a demandé si j’étais comblée.
Il y a encore quelques semaines, je lui aurais répondu non, sans trop savoir pourquoi. Aujourd’hui je sais que c’est parce que mes actes n’étaient pas en adéquation avec mes valeurs.
Hier je lui ai répondu un grand oui parce que dorénavant je sais qui je suis et surtout où je vais et que ma destination est enfin en parfaite adéquation avec ce que je suis.

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