Mon burn-out maternel

Il y a quelques semaines, alors que je vociférais une nouvelle fois contre mes enfants (comme la mère hystérique que je me suis toujours jurée de ne jamais devenir), mon mari, plein de bienveillance m’a proposé de prendre le relais pour que je sorte « faire un tour ». C’est alors que je me suis surprise à lui répondre (intérieurement heureusement) : « Mon pauvre chéri, si je sors faire un tour, je ne reviendrai jamais ! ». C’est à ce moment et à ce moment précis que j’ai pris conscience que j’avais un « problème ».

J’aurais pourtant dû me douter que les idées noires qui hantaient mes jours comme mes nuits depuis plusieurs mois n’étaient pas anodines et que mes insomnies et soucis de santé ne l’étaient pas davantage.

Combien de fois j’ai imaginé qu’il m’arrive quelque chose de suffisamment grave pour me clouer sur un lit d’hôpital quelques semaines ? Combien de fois j’ai rêvé secrètement de partir pour ne plus jamais revenir ? Combien de fois j’ai envisagé bien pire ? Je ne les comptais même plus, je voulais juste que ça s’arrête !

Et puis moi qui suis très rarement malade voir jamais, j’ai dernièrement enchainé trois angines, une sinusite et une grippe (sans compter ma fracture de la cheville de cet été qui ne m’a cloué sur un lit d’hôpital que quelques heures à mon grand regret) !

Epuisement maternel et charge mentale
Diagnostic burn out maternel

Epuisement parental : les prémisses

Le malaise s’est insinué en moi si progressivement que je ne l’ai pas vu venir. Pourtant, il couvait en moi depuis le diagnostique du diabète insipide de ma Milla il y a deux ans. À cette époque déjà j’avais ressenti le besoin de consulter une psy qui s’était contentée de me dire que je n’étais pas dépressive, seulement épuisée par ce que nous venions de vivre et que c’était « normal ». Puis mon Lowan a commencé à faire des siennes la nuit ce qui n’a rien arrangé à mon épuisement.

Symptômes du burn out maternel

Peu à peu j’ai commencé à redouter chaque instant passé avec mes enfants : j’avais même une boule au ventre lorsqu’arrivait l’heure d’aller les récupérer à la crèche et à l’école.
Peu à peu je suis passée en pilote automatique : je faisais ce qu’il fallait pour répondre à leurs besoins mais j’étais devenue incapable de faire plus de manière spontanée, comme si mes sentiments pour eux avaient été anesthésiés. Je devais me forcer pour jouer avec eux, les consoler lorsqu’ils se faisaient mal ou encore leur faire un câlin lorsqu’ils me le demandaient.
Peu à peu je les ai rendus responsables de mon mal-être jusqu’à le leur faire payer ! Je ne m’en suis jamais prise physiquement à eux mais je me suis surprise plusieurs fois à leur dire des choses terribles. C’était plus fort que moi : je ne les supportais plus !

J’avais la sensation qu’ils avaient gâchée ma vie.

Je passais d’ailleurs mes journées à marmonner des « vie de merde » et à me demander ce que j’avais bien pu faire pour mériter cette punition que constituait la maternité.

Pourtant, j’étais consciente qu’ils n’avaient rien demandé à personne, que je les avais désiré et que je me devais de les « assumer » mais je ne pouvais m’empêcher de penser que j’étais une piètre mère, que j’étais en train de les « bousiller » et qu’ils seraient beaucoup plus heureux sans moi.

J’avais la sensation de me débattre en tentant vainement de sortir d’un bourbier sans fond ! Un bourbier dans lequel j’étais consciente de m’être fourrée seule et dont je devais me sortir seule. Un bourbier qui m’épuisait un peu plus chaque jour et qui allait forcément finir par m’engloutir un jour ! Il semblerait que ça s’appelle un burn-out parental !

Reconnaître un burn out parental
Symptômes burn-out parental

Burn out parental : mon point de non retour

Dernièrement, le bourbier a fini par m’engloutir (merci la grippe). Ça a duré environ 2 semaines. 2 semaines pendant lesquelles j’ai été contrainte d’arrêter de me débattre, à bout de forces, à bout de souffle. À cause des soucis de sommeil de mon Lowan, je ne connais que trop bien la fatigue permanente, celle qui ne vous lâche pas du lever au coucher. Pourtant je n’avais jamais ressenti pareil épuisement. Un épuisement physique mais surtout émotionnel auquel je n’avais encore jamais eu à faire face : je me faisais violence pour me lever le matin, encore plus pour m’occuper de mes enfants, dès que je me retrouvais seule je fondais en larme et le soir je m’endormais avec le souhait secret de ne jamais me réveiller.

J’ai rapidement compris que j’étais en train de basculer… de tomber dans la dépression.

Un jour, en arrivant au boulot (mon seul échappatoire à ce moment là), je me suis surprise à confier à mes collègues, sur le ton de l’humour, que je pensais faire un burn out de maman. Je ne savais pas que ça existait réellement, pourtant, je ne pouvais pas être plus proche de la réalité.

Une fois de plus, c’est l’écriture qui m’a permis de comprendre ce qui m’arrivait !

La vérité c’est que depuis que je suis maman, je suis allée de désillusion en désillusion en constatant que je n’arrivais pas à la cheville de la « mère parfaite » que je m’imaginais pourtant pouvoir aisément devenir avant de donner la vie.

Au cours de ces 2 semaines, j’ai écris des pages et des pages mais, simple erreur de manipulation informatique ou acte manqué, j’ai malencontreusement tout effacé ! Il valait peut-être mieux finalement !

Extraits :

« Non mes enfants n’ont pas donné un sens à ma vie : ils l’en ont privé !
Non mes enfants ne sont pas toute ma vie : ils sont ma croix, mon fardeau !
Non mes enfants ne sont pas la plus belle chose qui me soit arrivée : ils sont la pire !
 »

Epuisement parent
Arrêter de vouloir être la mère parfaite

La méditation de pleine conscience : mon remède miracle au burn-out parental

Ce qui m’a sauvé ? La méditation de pleine conscience (dont je vous parlerai très bientôt dans un autre article) et plus particulièrement la pratique de l’acceptation et du lâcher prise. Accepter ce que l’on ne peut changer est l’un des principes phares de la méditation de pleine conscience. Je suis maman : je ne peux pas le changer. En revanche, ce que je peux changer, c’est ma manière d’appréhender mon rôle de mère et c’est ce que j’essaye de faire depuis une quinzaine de jours.

Apprendre à renoncer pour accepter

Je me rends compte que jusque là, je me focalisais beaucoup sur ce que j’étais, sur ce que j’avais et sur ce que je faisais avant de devenir mère. Je sais que je dois faire le deuil de la mère parfaite que j’ai tant imaginé devenir mais aussi de ce que j’ai perdu en devenant maman pour pouvoir enfin me rendre compte de ce que j’ai gagné, m’ouvrir à l’instant présent et apprécier ce qui est là, devant moi, sous mes yeux !

Apprendre à accepter pour lâcher prise

En parallèle, j’apprends à accepter que ma fille soit malade et le restera.
J’apprends à accepter que mon fils de 2 ans 1/2 ne fasse toujours pas ses nuits.
J’apprends à accepter de ne pas pouvoir « contrôler » mes enfants.
J’apprends à accepter de ne pas être parfaite.
J’apprends à accepter et à respecter mes limites.
J’apprends à accepter de remettre à plus tard ce qui n’est pas urgent.
J’apprends à accepter de demander de l’aide et de déléguer.
J’apprends à accepter de me foutre du regard d’autrui.
J’apprends à accepter de ne pas me comparer aux autres mamans.
J’apprends à accepter que ma maison ne soit pas toujours propre et bien rangée.
J’apprends à accepter que mon linge ne soit pas toujours à jour.
J’apprends à accepter de faire des pâtes deux jours de suite….
Bref, je lâche prise.

C’est un apprentissage de chaque instant et je sais que je n’en suis qu’aux prémisses du processus de reconstruction que j’ai amorcé mais j’en constate déjà les effets bénéfiques et pas seulement sur moi mais sur toute la famille. Je constate plus que jamais que mes enfants sont connectés émotionnellement à moi et que si je ne vais pas bien ils vont se montrer d’autant plus difficiles parce qu’insécurisés et angoissés.

Lâcher prise pour s’ouvrir à l’instant présent

Le week-end dernier, j’ai joué au ballon avec mes enfants dans notre jardin. Ça peut paraître banal et anodin mais jusque là je m’interdisais ce genre de moments et pour ça, tous les prétextes étaient bons : trop fatiguée, une machine à laver à faire tourner, pas envie, le repas à préparer, … Aussi, lorsque j’ai pris conscience de ce que nous étions en train de vivre (du bonheur dans leurs yeux, de leurs éclats de rires, des miens, du soleil qui nous réchauffait le visage, des premiers pépiements des oiseaux, du joli cadre de notre jardin qui reprend peu à peu des couleurs, …) l’espace de quelques instants, j’en ai eu les larmes aux yeux et le souffle coupé. Je crois que je n’avais jamais vécu si pleinement un moment de complicité avec eux et c’était juste magique : du bonheur à l’état pur !

Epuisement maternel
La méditation : mon remède contre l’épuisement parental

La gratitude comme rempart au burn-out parental

Dans le cadre de ma pratique de la méditation de pleine conscience, j’apprends aussi à pratiquer la gratitude.
Je suis reconnaissante d’avoir des enfants qui me portent (encore) un amour inconditionnel.
Je suis reconnaissante d’avoir un mari à l’écoute, compréhensif et toujours aux petits soins.
Je suis reconnaissante d’avoir des parents et beau-parents toujours prêts à prendre le relai.
Je suis reconnaissante d’avoir un entourage bienveillant même s’ils ne sont pas en mesure de comprendre ce que je vis.
Je suis reconnaissante d’avoir un boulot qui permet de m’épanouir ailleurs qu’auprès de mes enfants.
Je suis reconnaissante d’avoir un exutoire toujours disponible et si redoutable d’efficacité : l’écriture.
Je suis reconnaissante d’avoir suivi un cursus qui me permet de reconnaître rapidement les signaux d’un trouble psychique lorsque j’en vois un.
Je suis reconnaissante d’avoir un jour croisé le chemin de la méditation de pleine conscience.
Je suis reconnaissante de vivre à une époque où l’on peut facilement partager nos états d’âme et ainsi se sentir moins seul(e)s.
Bref, je suis reconnaissante.

Prendre soin de soi

Par la même occasion, j’ai balayé la culpabilité que je pouvais ressentir lorsque je prenais du temps pour moi et je tente de me montrer aussi bienveillante avec moi-même que je le serais avec une amie en commençant par écouter les signaux que m’envoie mon corps parce que j’ai compris que ce dont mes enfants (comme mon mari) avaient le plus besoin, c’était d’une maman (et d’une femme) bien dans ses baskets.

Vous pensez faire un burn out maternel (ou paternel) ?

Dans un premier temps, je vous conseille de chercher d’autres témoignages pour compléter le mien qui est très personnel et ne reflète que mon expérience subjective du burn out parental. Vous pouvez par exemple regarder les replay de La Maison des Maternelles sur le sujet (ici).

Vous pouvez également faire un rapide état des lieux de votre état d’épuisement parental via l’application mobile Dr Mood Parents ou encore investir dans le livre Le Burn-Out Parental, l’éviter et s’en sortir de Moïra Mikolajczak et Isabelle Roskam.

Moïra Mikolajczak et Isabelle Roskam
Le Burn-Out Parental, l’éviter et s’en sortir

Dans tous les cas, je vous conseille d’en parler autour de vous : à votre entourage, à votre médecin et/ou à un psy à savoir que, parfois, la prise d’anti-dépresseurs est très fortement conseillée voir parfois même une hospitalisation.

Prenez soin de vous !

Photos par les très talentueuses : Mademoiselle Hirondelle

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