Les tensions montent entre Alger et Niamey suite à la question de l’expulsion des migrants non-documentés : un regard approfondi

Fin décembre, une rencontre entre le ministre des Affaires étrangères algérien, Ahmed Attaf, et son homologue nigérien, Bakary Yaou Sangaré, avait laissé croire à une résolution de la crise relative à l'expulsion des migrants illégaux.

Rencontre diplomatique entre Alger et Niamey #

Les deux diplomates s’étaient rencontrés à Alger, dans une atmosphère qui contraste avec les tensions précédentes. En effet, deux mois plus tôt, Niamey avait refusé la médiation d’Alger dans la crise engendrée par le coup d’État de la junte, suite à un malentendu entre les deux capitales.

Cette situation témoigne de la complexité des relations internationales et du défi que représente la gestion des flux de migrants. Les tensions entre Alger et Niamey sont un symptôme de problèmes plus profonds et de questions non résolues sur la façon dont les nations devraient gérer l’immigration.

La loi de 2015 sur le trafic de migrants abrogée #

La tension s’est accrue lorsque le nouveau pouvoir à Niamey a aboli la loi de 2015 pénalisant le trafic illicite de migrants fin novembre. Cette décision, perçue comme un geste de souveraineté, devait permettre aux régions frontalières de profiter de l’économie des migrations. Cependant, le quotidien algérien El Watan a souligné que les autorités de transition nigériennes semblent moins enclines à lutter contre l’immigration clandestine depuis l’abrogation de ladite loi.

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Le quotidien s’est également penché sur les dangers que cette situation pose pour le Niger et ses voisins. Il souligne en effet que les réseaux de trafic d’êtres humains sont parfois liés à des groupes terroristes, qui utilisent ce « business » lucratif pour financer leurs activités criminelles.

Les craintes d’un « risque migratoire » #

Les médias algériens diffusent de plus en plus l’idée d’un « risque migratoire », avec des reportages sur les liens entre les passeurs, le grand banditisme et le terrorisme. Hassan Kacimi, responsable du dossier de l’immigration clandestine au ministère de l’Intérieur, a mis en garde contre l’augmentation de l’activité des réseaux criminels spécialisés dans le trafic illicite de migrants africains en provenance du Mali, du Niger et de la Libye.

Il a également souligné les conséquences graves de ces activités sur la sécurité nationale et géostratégique de l’Algérie. Selon lui, ces réseaux agissent en accord avec les plans internationaux qui visent à installer des Africains en Algérie, dans le but de modifier la composition démographique des régions frontalières situées dans le Grand Sud. Cette situation pourrait, à terme, menacer l’unité et la stabilité du pays.

En résumé, la question de l’expulsion des migrants clandestins a entraîné des tensions entre Alger et Niamey. Voici quelques points clés à retenir :

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  • Rencontre diplomatique entre le ministre des Affaires étrangères algérien et son homologue nigérien dans une atmosphère apaisée.
  • Abrogation de la loi de 2015 pénalisant le trafic illicite de migrants par le nouveau pouvoir à Niamey.
  • Augmentation de l’activité des réseaux criminels spécialisés dans le trafic illicite de migrants africains.
  • Les conséquences de ces activités sur la sécurité nationale et géostratégique de l’Algérie.

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